150 ans d’histoire

1853 -2003
 Par Yves Lebouc –

150ans-001Cent cinquante ans, c’est déjà une très longue histoire, dont il serait présomptueux de vouloir faire ici le bilan. Comme dans toute existence, des hauts et des bas, des périodes fastes, et d’autres plus tristres au gré des évènements et changements sociaux, scientifiques, politiques et technologiques…. et notamment 3 guerres!

Les quarante premières années

Dans nos annales, précieusement gardées, il est possible de relire les faits qui ont jalonné ce siècle et demi : ambiance et thèmes des séances, déclarations et rapports, anecdotes et affrontements de thèses, présence de grands hommes, relations extérieures entretenues, manifestations publiques remarquables, influences de coutumes ou dysfonctionnement de chaque époque.

Sans plus entrer dans les détails, il est pourtant important de constater les modes et habitudes qui se sont modelés au fil des décennies. Tout en préservant l’essentiel, généralement, quelques constances notables s’imposent dans le temps:

– une passion commune et partagée pour les plantes et les jardins; c’est d’ailleurs la définition littérale de l’horticulture.

– un état d’esprit amical et de relations cordiales s’exprimant dans la rencontre aimable avec l’autre et dans les échanges d’idées, d’expérience, d’observations, de savoir-faire… C’est la définition de l’association.

– la permanence d’un style de fonctionnement, continuité d’un mode cependant façonné par des mutations et adaptations. Ne serait-ce pas la le propre de ceux qui côtoient le naturel et de la <nature elle-même? Même si cela peut surprendre ouposer question, certains rites ont persisté. Par exemple, les séances, chaque mois et même durant l’été, avaient lieu le dimanche matin. Seuls , heure et lieu ont varié.

Au XIXe siècle, les rencontres se tenaient à l’Hôtel de Ville à mdi moins le quart (sans doute après la grand-messe). La séance mensuelle s’organisait autour d’informations horticoles diverses, les nouvelles des autres sociétés, les publications mais aussi  des présentations d’apport de produits des jardins des uns et des autres commentés et discutés savamment. Les débats s’engageaient alors. Des commissions étaient nommées pour les visites ou concours de jardins et collections des sociétaires, pour les expositions (deux fois par an). A ce sujet , il faudrait relire les compte-rendu de ces travaux si bien rapportés et conservés au complet dans notre bibliothèque. Il faudra, un jour, écrire l’histoire de notre vénérable maison.

Que dire aussi des participants, des adhérents: presque tous des notables de la ville et des environs. Les listes annuelles des membres avec leur situation sociale en témoignent. Seuls les hommes étaient sociétaires actifs. les femmes avaient le titre de « dames patronesses » et se chargeaient des tâches annexes aux activités. Les jardiniers peu nombreux au début, sont arrivés au fil des années tout comme les horticulteurs et les pépiniéristes. De 60 souscripteurs début 1853, l’effectif augmente rapidement et cela dope la nouvelle institution. On relève 300 personnes en 1880, 440 en 1890. Le nombre de 700 est sans doute le plus important et se situe vers 1960 après les ennuis de la guerre.

Plusieurs sociétés coexistent

En 1896, une société horticole d’Ille et Vilaine voyait le jour au grand dam de la société centrale de 43 ans son aînée. Il y eut quelques anicroches et algarades. L’une reprochant à l’autre de lui arracher ses affiches par exemple… La petite dernière est une filiale de la société d’agriculture, de commerce et d’industrie. Dès le début, les professionnels sont présents et actifs. des hommes politiques et des scientifiques sont également aux commandes avec les professeurs d’agriculture. Chaque société vit de son côté  (gauche ou droite, c’est l’époque).

On note  cependant en 1924, une exposition régionale d’Horticulture, d’Aviculture, d’Apiculture, Chasse et Pêche  par l’Union des sociétés d’Horticulture d’Ille et Vilaine à l’occasion du 24e congrès international dela société française des chrysanthémistes.

Serait le prélude d’une entente, de la réunion des soeurs ennemies? en effet la fusion se fera plus tard. Un autre rapprochement avait eu lieu dans les années 30. C’est celui de l’aviculture qui se joignait à la société horticole. La basse-cour Armoricaine présidé par le Docteur Ramé publie depuis quelques  années des articles dans les bulletins horticoles. La société horticole ajoute « et avicole » à son titre. M.Pinault, alors conseiller général et maire de Pacé en est le président.On y dénombre 300 membres dans les années20. Les femmes sont adhérentes à part entière (plus de dames patronesses).

Le plus remarquable, durant presque un siècle, est l’importance des expositions. Parfois deux manifestations publiques chaque année en plein air ou le plus souvent aux Lices. C’est la présentation majestueuse des plus beaux produits professionnels ou amateurs.

La dernière eut lieu en 1972 sous la houlette de Mme Lemoine qui venait d’être élue présidente succédant à M des Abbayes.

Les années d’après guerre

Dès la période de la dernière guerre (1939) seule subsiste une association sous le titre horticole et avicole que préside Mme Pinault qui a succédé à son mari. M. Le Pêchoux, directeur des jardins de Rennes, devient le sécrétaire général efficace qui animera une période faste de la société jusqu’en 1962.

Cette année verra une très grande manifestation. C’est le congrès national des chrysanthémistes avec une magnifique exposition à la salle omnisports.

Les lendemains sont pénibles et le bilan de la manifestation provoque des dissensions au sein du conseil d’administration.

L’équipe doit alors se reconstituer. Le professeur Des Abbayes est appelé à la présidence et fort bien accompagné par les vice-présidents François Roulon, Jean Prual, Luois Prodhomme et Pierre Grelet. C’est la période de reprise en main. Il faut remonter la maison sereinement mais il y a tout de même 500 adhérents et une forte équipe de grande qualité à la barre.

Les réunions mensuelles, à la salle des Beaux-Arts, vont leur train avec des sujets très variés. La promenade annuelle intéresse un grand  nombre  de sociétaires.Après le décès accidentel du sécrétaire Guillon, le président me demande en 1969, d’accepter le postevacant et me voilà coopté.

Simultanément, je crée sur Rennes une délégation du groupement français des jeunes de l’Horticulture déjà dynamique sur d’autres régions. C’est un petit coup de jeune dans l’environnement horticole, mais pas une greffe. Chaque groupe gardant son autonomie. La cohabitation semble difficile entre les âges très didifférents.

L’arrivée de Mme Lemoine va permettre quelques changements notables: refonte des statuts, début des cours d’art floral, lancement desvoyages, relations extérieures (SNCF, région, office de tourisme, office socio-culturel, ouverture vers les quartiers et les communes, fleurissement … et la grande expositions des Lices en 1972. sans oublier le lancement de la banque verte, l’ouverture de la bibliothèque …

L’envoi d’une enquête vers les adhérents rapporte 125 réponses et nous guide dans le proramme des activités. Un conseil dynamique prend les affaires au sérieux. C’est  une période d’examen de conscience, de dépoussiérage et de remise en cause.

Après 5 années bien remplies, Mme Lemoine me passe le flambeau.

Les années Yves Lebouc

Depuis 1977, nous essayons de développer les propositions et d’améliorer les services aux adhérents. Fait notable, les professionnels ne sont plus dans nos rangs. Nous avons quelques peine à trouver des conférenciers et des animateurs. A deux reprises des activités pour les plus jeunes ont fonctionné. c’est un espoir et un bon placement. Malgré les difficultés, là aussi, il faut être persévérant.

L’Art Floral a vu ses cours décupler et son effectif enfler en vingt ans. Le niveau est maintenant de grande qualité.

Autre satisfaction, le club fuchsia qui rassemble une quarantaine de passionnés de plantes.

Un cours d’Aménagemnt du jardin fonctionne depuis plusieurs années. Il rassemble une vingtaine d’auditeurs en recherche d’idées pour leur courtil. Cette activité avait déjà fait des adeptes et se tenait alors le samedi.

On peut  affirmer qu’au fil dutemps nos sociétairesont changé et nos propositions ont dû s’adaper. on vient plus « consommer »,prendre quelques recettes. On ne milite plus, on ne persiste plus pour la plupart.

Mais en y regardant de plus près, la présence d’un groupe de fidèles assure bien la permanence de nos valeurs, et la volonté de continuité dans l’esprit qui nous anime.

Après 15 ans et quelques rides, notre organisation semble très utile dans un monde avide de retrouver ses racines réelles près des choses de la terre et de la nature,près de la beauté équilibrée des jardins, des plantes et des fleurs.

Toujours désireux d’acquérir des connaissances techniques, des savoir-faire, des idées des exemples,notre groupe progresse dans la découverte grâce à la diversité des activités.

Notre démarche sociale est éducatrice et culturelle. Et si le cultural était culturel!

Extrait du bulletin de janvier 2003

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